9 mois se sont écoulés depuis notre dernier entretien et c’est un Van électrisé que je retrouve, assis à la table d’une buvette de quartier, devant un Perrier citron. Son aura est toujours aussi solaire et on sent à son regard qu’il a beaucoup de choses à me dire…
Pour la petite histoire, Van Hechter est Franco-Géorgien, il habite à Montréal depuis toujours mais a percé l’underground des États-Unis et est devenu pop star dans l’univers nocturne des clubs les plus hot: Manhattan, Miami, Palm Springs, Chicago… Ses chansons sont écrites avec auto-dérision et humour, son son est léché, ses prestations sur scène, bien que très simples, transportent les audiences dans un univers ludique et- glamour.
Dès que notre magazine a pris la décision de l’interviewer en français, je me suis immédiatement volontaire… Un moment avec Van, en bon québécois ”c’est jamais plate”!
Music Authentic: Tu prépares un nouvel EP, qui sort en fin d’année… De quoi parlent les nouveaux titres?
Van Hechter: Le vieux principe de ”write about what you know” m’a poussé à écrire des chansons inspirées de tout ce qui se passe au club où je suis en résidence depuis un an. J’ai un fun fou, semaine après semaine, avec les membres, avec le staff, avec les patrons… Quand on vit autant de joie sur une base régulière, c’est qu’on traverse une période de grâce, et j’ai eu envie d’en parler.
MA: Comment est-ce que ce projet à démarré?
VH: Bizarrement, hahaha! Eryck Wyseman avait envie de faire des pièces un peu plus ”club”… Il m’a envoyé une chanson qui roule en ce moment sur bien des dancefloors, à titre d’exemple. J’ai détesté! Ma première réaction: ”Yark, non, j’haïs ça, j’veux rien savoir de faire des tounes de même- tout de ce style m’énerve”…
Mais à force d’écouter en boucle j’ai compris que c’était une bonne direction à prendre. Et j’ai composé des textes adaptés à ma réalité du moment, sur des maquettes qu’il avait créées. J’aime vraiment le résultat.
Quelques chansons sont plus pop, plus funky, aussi. C’est un peu plus ”éclectique”, comme EP, si on compare aux précédents. Et j’oscille plus entre l’anglais et le français, d’ailleurs!
MA: Donc si je comprends bien, certaines de tes nouvelles chansons sont plus ”dancefloor” que d’habitude?
VH: Tout à fait! Et j’aimerais qu’un ami DJ dont je ne révèlerai pas le nom fasse des remix. Eryck et moi, on lui donnerait carte blanche.
MA: J’ai l’impression que tu exploses d’énergie- t’as toujours été comme ça mais on dirait que tu ”vibres” encore plus que d’habitude…
VH: Je suis effectivement très en forme, en ce moment. Bon j’en parle super ouvertement: je bois trop d’vin! Mais, mais mais, je mange impeccablement, je dors de très longues nuits et je m’entraîne à tous les jours… Tous ces efforts, cette discipline, préservent la santé d’un gars! J’ai effectivement l’énergie d’une personne de 27 ans.
MA: Tu es allé à New York pour faire des shows au Stonewall Inn (entre autres) pendant 7 mois consécutifs et soudainement tu as pris la décision de te rétracter du contrat, de prendre une pause- pourquoi?
VH: La veille du 8ième départ j’avais mon show régulier du samedi à l’Orage et soudainement toutes les fibres de mon corps me disaient de ne pas quitter. Je ne suis tellement pas un genre à croire aux présentiments, en plus. Mais là c’était si fort. Je me suis confié, d’ailleurs, à la femme de l’un des deux proprios (que je surnomme affectueusement ”Reina”) et elle m’a dit: ”Il faut toujours écouter”… Après ma prestation je suis allé la voir et ai dit: ”Yeah- I’m not going”. Et comme je n’avais plus besoin de me lever tôt le lendemain pour prendre un avion, on a dansé ensemble pas mal tard!
Être en tête d’affiche au Stonewall à chaque mois: ce n’est pas rien, je le sais. C’est une institution! Mais, je sens qu’en ce moment je dois être ici, chez moi.
MA: Tu dois beaucoup au Stonewall Inn, et aux new yorkais en général…
VH: Tout de ma carrière part du jour où j’ai mis les pieds au Stonewall. Une seule nuit a changé ma trajectoire. Tout à coup, j’ai comme un peu ”pogné” en Floride, à Chicago, en Californie. Mais depuis, j’ai aussi mis les pieds à l’Orage, et ma vie s’en est trouvée reformatée! 2 coups de foudres, en fait.
MA: Es-tu heureux?
VH: Oh quelle belle question! Je pense que toute personne croyant au bonheur parfait 24/7 serait bien imbécile.
Mais de façon générale, je dirais que je suis quand même très heureux. Et j’ai beaucoup plus de fun que bien des gens sur terre: ça, je le sais. J’ai cette chance, de voir de l’hilarité presque dans tout, et le pif de m’entourer de personnes ultra-intéressantes dont l’humour est exceptionnel…
MA: Décris-moi ton entourage…
VH: Je ne m’entoure que de gens qui sont plus intelligents que moi! Et je ne te parle pas d’intelligence du style ”cours magistral”… Mais, tous mes proches sont plus brillants que moi d’une manière ou d’une autre. C’est comme ça que je choisis. Et tous m’inspirent énormément!
MA: Mais pourtant, toi, tu es brillant!
VH: Oui! Je le suis! Mais pas de toutes les façons! Donc je m’entoure d’humains qui sont forts là où je ne le suis pas! Et réciproquement, j’espère leur apporter une vision différente de la leur.
MA: Parle-moi, pour finir, de tes soirées… Tu as l’Orage à raison de 2 fois semaine, tu as le Neo-Disco Cabaret, le Poof Tour, le Funk-à-Folies, le tout nouveau ”Fashion Factory” en collab avec Thomas Usine, plus quelques autres projets en développement… T’as un peu inventé ton propre métier. Personne à Montréal fait ce que tu fais…
VH: Je crois qu’avant même d’être un auteur/interprète, je suis MC. Ce que j’offre lors d’une soirée ressemble bien plus à une expérience ”Cabaret” qu’à un show pop. Je suis à l’accueil avant de monter en scène, après le spectacle je circule en salle et m’amuse avec les clients, souvent je suis aussi à la sortie pour dire au revoir… On me raconte plein de secrets, on me demande ce que je pense de situations souvent très intimes, je deviens l’ami à qui on se livre… C’est fascinant. En fait j’ai ”patenté” un métier à partir de ce que j’aime faire: créer des liens profonds en riant et chanter mes pièces devant une audience. Après, chaque fête a ses thèmes mais je reste le même, peu importe l’événement. Van, c’est du slapstick, de la pop underground, et du ”customer service”, hahaha.
MA: Ta chanson ”Boy Problems” roule toujours au UK, aux E-U et est toujours dans le top 10 après 3 semaines en première position. As-tu toujours des ennuis de garçons? Es-tu amoureux?
VH: Hah! Depuis que j’ai écrit ”Boy Problems” je n’en ai plus eu, non! Et je peux te dire ce qui suit: bien peu d’ennuis de ce type à l’horizon! J’suis trop occupé! Je suis amoureux de la vie que je mène, mais amoureux de personne en particulier, ces temps-ci.
Ceci étant, j’ai eu la visite de mon mari récemment: nous sommes séparés mais n’avons pas divorcé. Il habite à Vancouver depuis 6 ans, il a un copain fantastique là-bas. Je suis très heureux pour lui! Nous avons su préserver une incroyable amitié… Le temps passé avec lui il y a quelques semaines a confirmé l’amour absolument infini que je lui porte. J’avais écrit ”Love Elastic” pour lui, en exprimant que notre type très particulier d’amour ne briserait jamais… Je ne m’étais pas trompé: il demeure la personne la plus raffinée intellectuellement, et la plus honnête que je n’ai jamais rencontré de toute ma vie… Je l’ai présenté à l’équipe de l’Orage, d’ailleurs… Plein de gens m’ont dit à quel point ils le trouvaient beau… Ma réponse: ”Ben franchement, j’aurais pas marié un pichou! Heyyyyy! Tout le monde le sait: on se marie pour que les photos soient belles!”
Et voilà, Van achève toujours sur un punch qui me fait éclater de rire! Mon collègue s’occupera de la seconde partie de cet échange- cette fois en anglais… Donc, à suivre!
Van’s YouTube : https://www.youtube.com/@VanHechter